Un article (anglais) du Palisadian Post : http://www.palisadespost.com/content/index.cfm?Story_ID=4048=Palisadian-Post
Synopsis
Officiant de façon catastophique sur un remake de The Son of Ganga Din, un comédien hindou, Hrundi V. Bakshi, est banni du studio hollywoodien, mais se retrouve pourtant sur la liste des invités d'une grande soirée du producteur de ce studio. Pauvre parmi les riches, faible entouré des puissants, naïf au milieu des roués, il va semer la zizanie de la belle manière et parvenir au bout du compte à transformer cette soirée rasante en un moment extraordinairement festif.
Introduction
A ce jour, je n'ai pas trouvé de critique vraiment originale sur ce film ; elles se bornent à mettre en avant l'aspect comique, et s'en tiennent aux facéties de Peter Sellers. Dans cet ordre d'idées, le premier point qui est le plus souvent relaté est la grande improvisation à l'origine de nombreuses scènes. Le deuxième point est la filiation de cette comédie américaine, depuis Buster Keaton, Chaplin jusqu'à Tati, dans la plus grande veine burlesque. On peut trouver une approche plus profonde, celle de la vision satirique de l'univers hollywoodien (cf. Richard Combs), vision qui n'a d'ailleurs pas attendu Edwards pour apparaître et qui continuera bien après lui.
Cependant, ce en quoi le film se situe bien dans la lignée de Chaplin1, davantage que dans celle de Tati et des autres grands comiques, réside dans la subversion. The Party est en effet un film qui, sans y paraître, est subversif, non pas tant dans sa charge dénonciatrice que dans sa manière très subtile et pour ainsi dire involontaire de faire se rencontrer les cultures au détriment de la culture occidentale.
Le film sort en 1968, exactement au moment des manifestations étudiantes européennes. L'ambiance et le décor du film n'appartiennent pas au mouvement hippie tel qu'on en trouvera de lourds stigmates dans les comédies françaises des années '70 (on a trop tendance à l'oublier en Europe, mais la "Beat Generation" américaine devance d'une décade les révolutions étudiantes...), même s'il l'on peut en discerner des traces, comme l'éléphant portant des slogans (qui n'ont d'ailleurs rien de révolutionnaires, « La terre est plate »), la sitar de Bakshi, ou encore le générique de début aussi printanier que « l'émoi de mai », comme disait Lacan (cf. photo ci-dessus). Tardif pour du hippie américain, donc, mais le cinéma U.S. ne s'est jamais trop apesanti sur la question, à l'époque en tous cas. Pour mémoire, rappelons que 1968 est l'année de Stanbley Kubrick, avec son 2001... et que l'année suivante voit sortir les premiers road movies comme Easy rider, Macadam cowboy, etc.
1. Un film subversif
a) Un comique maîtrisé
La subversion est donc ailleurs, implicite, dans le burlesque lui-même qui, on le sait depuis Bakhtine, contient une part de retournement. Plus précisément, la subversion – et c'est ici le premier coup de génie d'Edwards – réside dans le discret mais violent choc des cultures Orient vs Occident, qui devient l'infrastructure manichéenne de tout le film. De cette première opposition découlent toutes les autres : Blancs / Noirs ; riches / pauvres ; gloire / anonymat, etc. Le deuxième coup de génie est que cette opposition est à peine perceptible, noyée dans le déroulement chronologique des bévues du héros.
Le film progresse dans le retournement des valeurs : d'une société figée quoique moderne (automobiles, domotique...), le scénario se dirige vers une société anarchique et chaotique dans laquelle les anciennes valeurs [représentées par les tableaux que le "Général au cigare" tente de sauver] n'ont plus cours, et qui exulte dans un bain de mousse des plus « techno » tel que nos discothèques de province en rêvent vers la fin aout.
On y trouve bien entendu tous les types de comique (verbal, de caractère, de situation, de gestes) mais la force du film est de maîtriser ce comique à d'autres fins. Certes, l'épisode célèbre du "birdie num num" est en soi savoureux, et le héros répète ce mantra avec une satisfaction enfantine parce qu'il est sans doute le premier amusé par le nom de la nourriture du perroquet (Birdie num num sonne comme Hari Ram Ram). Pourtant, le décalage entre la légèreté du soliloque et la gravité de la soirée, s'il nous incite à rire, ne doit pas nous faire oublier que l'effet comique a une portée plus large, une visée satirique comme on le constate par le rapprochement de deux séquences :
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↑ "Birdie num num..." Il y a indubitablement quelque chose de savoureux dans la prononciation hindi de Peter Sellers (cliquez pour le son) et surtout dans la répétition enfantine de cette expression aux sonorités indiennes. La dame au diadème, en conversation avec l'hôte de la soirée, et qui méprise Bakshi, a symboliquement devant la tête le perroquet... |
↑ ... un peu plus tard, durant le repas, en plein milieu d'une blague idiote - qu'elle trouve ou fait semblant de trouver spirituelle - son beau diadème sera orné d'un volatile, qui, ôté, révélera le postiche. "Birdie num num, Birdy party". |
b) Un (anti) héros solitaire
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Dès le départ, le film de Blake Edwards définit le personnage principal comme un anti-héros : sa maladresse est constitutive de son être. Ne parlons pas des bourdes à répétitions, qui à elles-mêmes le disqualifient définitivement, mais voyons que la mise en scène lui confie volontairement les attributs de l’originalité et de la particularité, attributs qui se retrouvent dans le véhicule motorisé qui le conduit à la party, la toute petite Morgan à trois roues, ridicule aux côtés des autre puissants véhicules, et qui inscrit d’emblée le héros dans la lignée du Hulot de Tati, du « Triporteur », personnage fantasque et rêveur incarné par Darry Cowl (on pense aussi à la bicyclette qui double les vélos de course dans Jours de fête de Tati, etc.). Seul contre tous, avant d’être celui que la société hollywoodienne rejette, il est d'abord différent par nature : et malgré les tentatives répétées du serveur, il ne fume ni ne boit.
Une scène (séquence n° 2) montre par l’opposition vestimentaire qu'il n'a rien à faire dans ce milieu qu'il transformera malgré lui.
1. Cf. Roland Barthes, in Mythologies, "Le pauvre et le prolétaire", pp. 40-42 : " Mais c'est précisément parce que Charlot figure une sorte de prolétaire brut, encore extérieur à la Révolution, que sa force représentative est immense".
2. Codes
a) Codes sociaux
Sorte d'Ingénu voltairien déplacé à Hollywood, cet anti-héros ne comprend rien aux codes sociaux : tout comme le Huron souhaite appliquer la Bible à la lettre et se faire circoncire au grand dam de la belle Saint-Yves, Bakshi rate toutes les tentatives d'intégration sociale et ne parvient pas à saisir les opportunités, y compris sexuelles : c'est flagrant lorsque la femme déjà passablement éméchée vient lui présenter le fond de son verre dans une scène succulente, sans doute l'une des meilleures (séquence n°3).
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-"What in here ?" Le fait que la dame demande à ce que soit examiné son verre constitue un implicite logique (le verre est vide) et un présupposé (il était plein), le tout constituant un acte perlocutoire, exigeant de son interlocuteur, galant par ailleurs, qu'il aille le remplir à nouveau.. L'erreur de Bakshi est de ne pas considérer que l'acte et la parole sont séparés, à tout le moins, désignent autre chose. La connotation renvoie ici au code culturel qui voudrait (étrangement) qu'un homme aidât une femme à être encore plus ivre... D'un point de vue technique, on note en général que Bakshi ne respecte pas les maximes conversationnelles de Grice, surtout celle de la quantité. C'est flagrant lors des excuses. Enfin, d'un point de vue scénique, on appréciera le léger pas de retrait lorsqu'il pressent que quelque chose lui échappe, du meilleur effet. |
Au-delà de ce jeu linguistique, c'est clairement une invitation à caractère sexuel qui est faite, selon le principe occidental de séduction autour d'un verre d'alcool (c'est d'ailleurs le serveur qui finira par l'embrasser après une série de tour de passe-passe à trois de la bouteille de vodka). Bakshi fait pourtant des tentatives pour intégrer les codes sociaux, mais il demeure en décalage polysémique et temporel. Cela se traduit significativement par ses poignées de mains qu'il évite et qu'il donne à regret, en même temps que le caviar qui les recouvre (ce qui porte à réfléchir sur la valeur réelle de ce mets réputé délicieux, à l'odeur nettement moins savoureuse).
b) Codes sexuels
- Virilité du cowboy
Comme la scène du "birdy num num", la scène du "verre vide a une portée plus profonde que son comique intrinsèque. Elle a lieu alors que devant, la jeune chanteuse française lance à Bakshi des regards timides, et que derrière, le cowboy ("Wyoming" Bill Kelso) tente lourdement d'entreprendre une italienne (dont la seule motivation durant le film est de manger (cf. séquence n°4 et dernière photo : parviendra-t-il à l'embrasser ? Rien n'est moins sûr). Cette scène n'est donc pas neutre : elle signifie clairement que le héros refusera les codes sexuels en vigueur et imposera de nouvelles valeurs.
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Photo 1. Un savoureux "Hari Ram Ram" ("Seigneur !") vient ponctuer cette rencontre fortuite entre un postérieur et une queue de billard (cf. séquence n°5). Photo 2. Le chaud cowboy, que Conchita attend en mangeant, est à califourchon sur Bakshi qui s'amuse comme un fou. Photo 3. Un des nombreux duels de la soirée, après la scène de déshabillage. A ce moment, la virilité du cowboy n'est plus que langagière : "You got me right in the pantaloon" dit un Bakshi déshabillé. (cliquez pour le son) |
Subversif, le film ruine les attentes du héros classique, nécessairement séducteur. Comme dans un film avec Pierre Richard et Mireille Darc dans lequel l'ahuri finit tout de même par attirer l'attention et la tendresse de la fille, Bakshi parviendra à ravir la pure demoiselle.
Pourtant, il y a quelque chose de plus chez Edwards, puisque les scènes à caractère sexuel sont systématiquement moquées. M. Divot - dont on se souvient qu'il claquait des doigts pour faire monter dans sa roulotte sa bimbo du moment, et qui harcèle la jeune et virginale héroïne, est surpris sans sa virilité capillaire dans les toilettes (photo). Puis, fort de cette découverte, et se servant du jouet du fils Clutterbuck, Bakshi empêche le harcèlement de Divot en s'en prenant de nouveau à sa perruque (photo). Enfin, c'est la mimique copulatoire qui est observée comme par un entomologiste (séquence n° 7) aussitôt confirmée par le retournement phallique de la scène aux fléchettes (séquence n° 6) : le mâle cowboy se fait symboliquement tuer par le p'tit gars indien (appelé « young little fellow" ou encore "young buddy»), après un détour par un attouchement ambigu à la queue de billard qui ne tourne pas à l'avantage du cowboy (séquence N°5), comme le confirmera la scène ou celui-ci tente de le changer.
- Virilité du maître d'hôtel
Autre retournement, dans la même veine, celui qui a lieu entre le maître d'hôtel et le serveur, qui donne lieu à plusieurs affrontements virils (comique de répétition). Pourtant, à bien y regarder, le plus viril des deux n'est pas celui qu'on croit. Et, comme on le sait, le serveur finira par embrasser la femme saoûle.
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Le maître d'hôtel tord le cou au serveur à trois reprises... |
... avant de révéler toutes ses failles... |
Subversif, le film l'est donc effectivement, mais de manière indirecte, et si les codes et valeurs traditionnels sont mis à mal, c'est au détour d'une scène comique.
3. Choc des cultures
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| Photos 1 et 2. Power flower. Il s'agit de bambou, non de cannabis (photo 1).
Photo 3. Sur un air de Jazz (musique de Henri Mancini, cliquez pour le son), la party est débordée. |
A la manière du Persan de Montesquieu, le personnage étranger permet de poser un regard nouveau sur une société figée. Hollywood, bien sûr, mais toute l'Amérique et l'Occident sont bouleversés par le « flower power » (photos 1 et 2) de Bakshi, le joueur de sitar.
Sans message ostentatoire, The Party est un film « choc » qui stigmatise une décadence certaine. Et c'est à l'aune de la candeur de l'héroïne et de ses sourires timides que se mesure toute la corruption des personnages. Si les hommes sont veules et prétentieux, les femmes n'ont pas grand-chose à leur envier, comme ces deux invitées, surprises dans les toilettes, et charmées de cette visite impromptue et.. discrète. Il n'aura tenu qu'à Hrundi V. Bakshi d'avoir de la pudeur. Mais, porte refermée, la censure et l'ordre moral le rappellent à sa condition larvaire et c'est en vain qu'il tente de nouer le dialogue avec la femme du congressman : un "No" définitif émis d'une bouche dédaigneuse répond à son anodine question.
Entre hypocrisie, débauche et rigueur morale, où sont les vraies valeurs ? La subversion viendra de l'extérieur : la jeune chanteuse (Claudine Longet) est française, Bakshi est Hindou et les musiciens qui finiront par mettre à mal la soirée sont Russes : imperturbables, les joueurs de jazz américains regarderont couler le navire (Photo 3) sous les coups de boutoir d'une amicale internationale et sous le regard désabusé d'un producteur apathique et plein de whisky, plus maître de son plateau (Stephen Liss as Geoffrey Clutterbuck, séquence n° 8). Bref, "The party gets groovy - et tout le monde perd le contrôle", dit la chanson.
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Photo 1. Le serveur voit enfin la réalité comme elle est, rose et énorme. Photo 2. Le naufrage fait apparaitre une nouvelle figure (en haut, à gauche), le serveur ivre (Steve Franken). Photo 3. Au début, sur un plan assez long de ses jambes, la serveuse va ouvrir la porte à Bakshi ; le générique s'affiche sur une musique annonçant déjà le désordre final (cliquez pour le son). On écoutera la distorsion de la sitar, quasi électrique... L'art des bons films est de donner la fin au début... Photo 4. Musique de fin, "The party gets groovy". Le long plan du début sur les jambes (photo 3) prend tout son sens. Le Blanc est maintenant à genoux aux pieds de la danseuse noire (cliquez pour le son). |
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Réalisation des rêves de transgression, le serveur ivre (Steve Franken) émergeant de cette mousse (photo 2) aura vu pour de bon un éléphant rose - à la fois animal de cirque et emblème indien - s'ébattre dans la maison, ce qui lui donnera l'occasion de finir dans les bras de la riche femme mariée aussi saoule que lui, dont le verre entre-temps s'est rempli plusieurs fois (cf. photo) : de son côté, la serveuse noire sexy qui montrait un peu trop ses jambes et son postérieur, clôturera la soirée en reine du Motown, un Blanc à ses pieds (cf. photo 3) signant ainsi la fin d'une suprématie ethnocentriste - et de la culture blanche (autrement dit, du WASP).
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Et si le symbole de toute cette décadence était le Mannekenpiss, toujours d'un goût douteux ? Ici, trois images, trois étapes. Dans la troisième photo, l'enfant a hérité du postiche et de son diadème... Heureusement, le final donnera lieu à la grande lessive ! |
Le sacre final aura bien lieu lorsque Bakshi, nouveau roi du carnaval, de victime passé meneur et donnant des sueurs froides à l'impressario Divot (séquence n° 9), quittera ce lieu de débauche pur comme un sannyasin, emmenant la jeune fille, et nouvellement adoubé par le cowboy "Wyoming" Bill Kelso qui lui fait don de son Stetson, signe viril s'il en est (séquence n° 10).
Conclusion
Pour un film qui, parait-il, n'a pas été très travaillé, reposant sur un maigre scénario et sur les performances des acteurs, il faut convenir qu'il possède une excellente tenue. Son homogénéité filmique, certes facilitée par le huis-clos et la thématique, est néanmoins exemplaire. Les personnages, plus vrais que nature dans leur rôle, ne dérogent pas à leur ligne de conduite : par exemple, le gras producteur (comme il se doit) qui a fait l'erreur de porter Hrundi V. Bakshi sur la liste de ses invités, montre tout du long sa totale impuissance, et sa passivité confine au sacerdoce : il est de ceux qui commandent, mais qui sont incapables d'agir, ni pour mettre en route la climatisation, ni pour sauver ses précieux tableaux (surtout pas celui de son hystérique de femme) ; c'est Conchita qui ne pense qu'à s'empiffrer et "Wyoming" Bill Kelso à la draguer, ou encore la femme du député, dédaigneuse à souhait, qui n'aura pas ouvert la bouche de la soirée, sinon pour saluer son hôte au petit matin et l'assurer de son soutien. Ces caractérisations assurent la crédibilité au film, même dans la pochade.
Drôle, le film est surtout parfaitement maitrisé et repose entièrement sur un principe subversif annoncé dès le début. Tout comme le générique, puis le long travelling sur les jambes de la femme de chambre noire, la destruction du Fort anglais qui ouvre le film est donc programmatique. Après le décor hollywoodien, ce sera à la société d'Hollywood elle-même de sombrer - un autre décor - et plus largement l'Amérique figée et capitaliste dont un des pans est l'hypocrisie, si les autres sont l'argent et la modernité. Quelle issue ? La relève viendra de l'étranger et de la jeunesse : c'est en effet le jeune fils de la maison qui prête ses vêtements à la chanteuse française, et aussi qui joue avec Bakshi ; ce sont les amis de la fille qui introduisent l'éléphant, symbole de la sagesse, et qui achèvent l'entreprise de destruction commencée par l'Hindou, dans un grand nettoyage de printemps.
Pour nettoyer les écuries d'Augias en une journée, Hercule avait détourné le fleuve Alphée ; dans les temps modernes, il revient à l'Hindou Bakshi d'avoir montré qu'en une soirée, avec une chasse d'eau, plus de bonne volonté que de muscles, l'enfer (pavé naturellement de bonnes intentions) pouvait se transformer en paradis...
Banni des plateaux, comme le metteur en scène le promettait, Hrundi V. Bakhi aura eu sa revanche, d'autant plus savoureuse qu'inopinée, charmante et finalement bénéfique.






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